Qui lit sur mon épaule…
Qui lit sur mon épaule…
C’est vrai, quoi…
(Source : barney-barrett, via sensualtension)
and a slightly different version here
Il y a de nombreuses années, quand je suis arrivée dans cette ville, les Dijonnais m’ont étonnée, surprise, amusée… agaçée parfois. Alors j’ai bien observé, j’ai fini par me faire des amis (souvent pas du coin), et après de nombreuses soirées de rigolade où nous avons partagé nos expériences et où j’ai eu la confirmation que ce n’est pas une ville comme les autres, on a commencé à me demander de chroniquer tout cela. Remerciements éternel à mon père de plume, l’inénarrable Gérard Bouchu, grand gourmand aspirant à la frugalité et voyageur-Routard détestant voyager, mais roi du jeu de mots.
Nostalgie… A la demande générale, la nouvelle-née Carla Garfield ayant survécu et réussi à persévérer dans son étude, ce blog comportera notamment une compilation des chroniques publiées dans Bing Bang Magazine depuis un an ou deux.
Episode 1 : Comment apprivoiser le Dijonnais…
Tu as le gros défaut de ne pas être né à Dijon, mais tu y habites depuis quelques temps déjà. Tu commences à comprendre que Chenôve n’est pas Longvic, que Saint-Bénigne n’est pas Saint-Philibert. Tu commences même à connaître des autochtones et ils s’habituent à toi. Ils te parlent, s’aperçoivent que tu n’es pas que parisien et que tu peux même être sympathique. Et un jour, un grand jour, un dijonnais t’emmène quelque part (à la gare, chez Carrefour ou même à Beaune). Tu es adopté ! Et là commence l’aventure la plus bizarre de ta vie. Le dijonnais bifurque brusquement du trajet rectiligne que tu crois, pauvre innocent, qu’il va prendre. Et tu découvres des endroits que tu ne connaissais pas. Des maisons calmes, des collines, des pruniers, des jardins, des immeubles pleins d’étages, des sculptures étranges, des ronds points et personne nulle part. Tu évalues que tu as fait pas mal de kilomètres, mais que la voiture ne s’est jamais arrêtée qu’à des stop.
Tu finis par arriver, tu ne sais comment, à destination. Tu es désorienté. Et là, le dijonnais se tourne vers toi avec un air extrêmement fier et te dis : « Tu es arrivé(e). Tu as vu ? On a évité 4 feux. Tu te souviendras du chemin ? » Il t’a fait son plus beau cadeau : son itinéraire secret qui évite les 4 feux d’enfer, car pour un dijonnais, 4 voitures à la queu-leu-leu, c’est un embouteillage.
Et tu restes là, ahuri mais reconnaissant, presque pas en retard avec ton premier rituel de citadin bourguignon en tête : ton premier trajet dijonnais anti-feux.